Ecrit le 24 mai 2008
C‘est en discutant avec un ami que j’ai commencé à entendre parler de la Mulâtresse Solitude. Intriguée par son histoire, j’ai voulu en apprendre davantage sur cette figure de la résistance des esclaves noirs en Guadeloupe.

Mulâtresse Solitude, du nom qu’elle se donna elle-même plus tard, naquit vers 1772. Issue d’un viol que sa mère subit d’un marin sur le bateau qui l’emmenait en Guadeloupe, elle vécut ses huit premières années avec sa mère, qui avait fuit sa plantation. Avec l’euphorie de la Révolution, la France décréta l’abolition de l’esclavage dans ses colonies. Solitude rejoignit alors une communauté marronne et choisit de lutter contre l’esclavage en devenant Nègre Marron. C’est là qu’elle choisit de se nommer ainsi.
Malheureusement, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage en 1802, sous la pression des grands planteurs. L’Assemblée Nationale décida alors de placer les colonies sous un statut d’exception pour maintenir l’esclavage. Cette décision déclencha un grave conflit entre les troupes Napoléoniennes et les bataillons noirs de l’armée républicaine. Solitude décida alors de se rallier à l’appel de Louis Delgrès et combattit à ses côtés pour la liberté.
Survivante de la bataille du 8 mai 1802, elle assiste à la résistance et aux morts héroïques d’Ignace et de Delgrès. Ce jour-là, Solitude se fait arrêter et est condamnée à la pendaison. Elle fut exécutée 6 mois plus tard, le 29 novembre 1802. Solitude avait 30 ans, et la veille, elle venait de donner naissance à un enfant. Ce dernier lui fut arraché pour s’ajouter aux biens d’un propriétaire d’esclaves.
Solitude était une maîtresse femme, courageuse et volontaire. Elle se battit jusqu’au bout pour éviter une vie d’esclave à l’enfant qu’elle portait en elle. Les grands planteurs et ses principaux ennemis la caricaturaient en la présentant comme folle :
Elle laissait éclater, dans toutes les occasions, sa haine et sa fureur… Et cette malheureuse allait devenir mère ! Solitude n’abandonna pas les rebelles et resta près d’eux, comme leur mauvais génie, pour les exciter aux plus grands forfaits”. A. Lacour – “Histoire de la Guadloupe” (1858)
Ces fameux “plus grands forfaits” correspondait à la résistance des noirs face au rétablissement de l’esclavage par Napoléon.
Une statue, que vous pouvez voir ci-dessus, fut dressée à la mémoire de la Mulâtresse Solitude au carrefour de la Croix, sur le Boulevard des Héros à Les Abymes (Guadeloupe) en 1999.
Sources que je vous invite à lire :
Wikipédia – La mulâtresse Solitude en quelques mots
Grioo – La mulâtresse Solitude, résistance guadeloupéenne
Beauté Noire – Un peu d’histoire

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