Ecrit le 24 mai 2008

Lars von Trier, considéré comme un des plus grands réalisateur européen, a su marquer le public par des films touchants et inhabituels. Vous le connaissez tous certainement comme le génialissime réalisateur de Dancer in the dark, ce film tendre et cruel mettant en scène la célèbre chanteuse islandaise Björk (qui lui valut le prix d’interprétation). Mais que connaissez-vous d’autre de sa filmographie ?
Je reconnais que personnellement, je suis loin d’être une inconditionnelle du cinéma. Je n’en connais donc certainement pas davantage que vous (pour ne pas dire moins). Cependant, j’ai eu l’occasion de voir une pépite de ce grand réalisateur, pépite qui lui valut d’ailleurs de faire découvrir Emily Watson et de recevoir le Grand Prix du Jury lors du festival de Cannes de 1996.
Breaking the waves est de ces films que l’on oublie pas. Je prendrais ici mon exemple : j’ai eu l’opportunité de le voir il y a de cela 3 ans, et il me hante encore.
Au début des années soixante-dix sur la côte nord-ouest de l’Ecosse, la communauté d’une petite ville célèbre à contrecœur le mariage de Bess, jeune fille naïve et pieuse, et de Jan, homme d’âge mûr qui travaille sur une plate-forme pétrolière. Leur bonheur va être brisé par un accident qui va paralyser Jan.
Lars von Trier a organisé ce film comme un véritable roman. Les différentes parties de l’épopée de notre héroïne sont découpées en grands chapitres. Comme une pause dans le déroulé d’une vie, ils nous laissent la possibilité de réfléchir sur ce qui s’est passé sous nos yeux voyeurs. Nous nous retrouvons face à un arrêt sur image d’un paysage écossais, accompagné soit du bruit d’une musique inspirante, soit des sons de la nature même.
Filmé caméra à l’épaule, et mis en scène de façon exceptionnellement réaliste, Lars von Trier nous fait voyeur autorisé de l’amour éperdu qui lie Bess à Jan. Il nous laisse voir les tréfonds les plus beaux, mais également ceux les plus ignobles, vers lesquels l’amour peut jeter chacun de nous. Bess, passionnée, sera poussée aux extrémités les plus malsaines et les plus inimaginables pour protéger celui qu’elle considère comme son existence même.
Cette jeune femme, que nous découvrons au début encore un peu enfant, naïve et profondément pieuse, va peu à peu se transformer sous nos yeux troublés en un être totalement déboussolé et brisé par l’accident qui vient perturber son bonheur neuf. Elle fera les pires choses dans l’espoir fou de sauver son amour perdu. Bess vivra la pire des déchéances par amour pour Jan, car sans lui son existence n’a plus de sens.
La fin du film laisse le spectateur sans voix et ému jusqu’au larme. Et l’on vient à remettre sa propre conception de la vie, de l’amour, de la mort, du lien qui nous unit les uns aux autres, face à ce destin brisé devant nos yeux. Et l’on rêve qu’un amour aussi puissant, qui brise les barrières et les obstacles, n’existe pas seulement dans l’esprit d’un homme, mais vienne un jour nous toucher aussi de sa grâce. Au-delà de tout ce qu’on pourra vivre pour le protéger, le bonheur sera toujours présent, car on aime et l’on est aimé. Finalement, n’est-ce pas l’essentiel ?

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